- Définition et enjeux
Le pilier “Modèle économique et chaîne de valeur” concerne la manière dont l’entreprise crée, délivre et capte de la valeur, en intégrant les principes de l’économie circulaire.
Cela inclut notamment :
- la conception de l’offre (produits/services)
- les relations avec les fournisseurs et partenaires
- la gestion du cycle de vie des produits (durée de vie, réparation, réemploi…)
Pour une TPE/PME, travailler ce pilier ne signifie pas tout transformer immédiatement, mais plutôt faire évoluer progressivement son modèle pour le rendre plus durable, plus résilient et moins dépendant des ressources vierges.
Enjeux principaux :
- Réduire la dépendance aux matières premières
- Créer de nouvelles sources de revenus
- Répondre aux attentes des clients (durabilité, transparence)
- Renforcer la résilience face aux crises (hausse des coûts, pénuries…)
- Que signifie un bon score ?
Un score élevé sur ce pilier indique que l’entreprise a déjà commencé à intégrer des logiques circulaires dans son modèle économique et sa chaîne de valeur.
Concrètement :
- L’offre propose des produits/services durables, réparables ou réutilisables
- L’entreprise travaille avec des partenaires engagés (fournisseurs responsables, circuits courts…)
- Elle explore ou met en place des modèles alternatifs (location, réemploi, seconde main…)
- Elle a une bonne visibilité sur sa chaîne de valeur (amont et aval)
- Elle commence à transformer les contraintes environnementales en opportunités business
L’entreprise ne se contente plus de vendre un produit : elle réfléchit à son usage et à son cycle de vie.
- Que signifie un score faible ?
Un score faible signifie que le modèle économique repose encore principalement sur une logique linéaire classique : produire, vendre, jeter.
Cela peut se traduire par :
- Une forte dépendance à des matières premières neuves
- Peu de visibilité sur les pratiques des fournisseurs
- Une offre peu différenciante sur les enjeux environnementaux
- Une absence de réflexion sur la durée de vie ou la fin de vie des produits
- Une vulnérabilité face à la hausse des coûts ou aux ruptures d’approvisionnement
L’entreprise peut passer à côté d’opportunités de diversification et rester exposée à des risques économiques croissants.
- Pistes d’actions prioritaires
1) Cartographier sa chaîne de valeur
Identifier les principales étapes (approvisionnement, production, distribution, fin de vie) et les acteurs impliqués.
Exemple : une entreprise textile liste ses fournisseurs, ses modes de transport et les solutions de fin de vie de ses produits.
2) Identifier des pistes de réduction des impacts
Repérer les étapes les plus impactantes (matières, transport, emballage…) et réfléchir à des alternatives.
Exemple : remplacer un emballage plastique par une solution recyclable ou réutilisable.
3) Faire évoluer progressivement son offre
Intégrer des critères de durabilité dans les produits ou services proposés.
Exemple : proposer une gamme de produits réparables ou avec des pièces détachées disponibles.
4) Tester un modèle circulaire à petite échelle
Expérimenter de nouvelles approches sans transformer tout le modèle.
Exemple : lancer un service de reprise ou de revente de produits d’occasion.
5) Engager le dialogue avec ses fournisseurs
Commencer à intégrer des critères environnementaux dans les relations fournisseurs.
Exemple : poser des questions simples sur l’origine des matières ou les pratiques de production.
6) Valoriser les pratiques existantes auprès des clients
Communiquer sur les efforts déjà réalisés pour renforcer la valeur perçue.
Exemple : afficher clairement l’origine locale des produits ou les engagements pris.
- Bénéfices attendus
Travailler son modèle économique permet d’ouvrir de nouvelles perspectives tout en sécurisant son activité.
À court terme :
- Meilleure compréhension de son fonctionnement
- Identification de pistes d’optimisation rapides
- Valorisation de pratiques déjà existantes
À moyen terme :
- Différenciation sur le marché
- Fidélisation des clients sensibles aux enjeux durables
- Réduction de certains coûts (matières, transport…)
À long terme :
- Modèle plus résilient et adaptable
- Création de nouvelles sources de revenus
- Meilleure intégration dans des écosystèmes locaux et circulaires